Montréal, 30 mars 2026 – Avi Lewis a été élu nouveau chef du NPD au canadien, remportant la course à la chefferie du parti le dimanche 29 mars 2026 avec 56 % des voix dès le premier tour.

L’activiste, réalisateur de documentaires et ancien journaliste de télévision a battu quatre candidats, dont la députée albertaine Heather McPherson, lors d’une victoire décisive dès le premier tour au congrès du parti à Winnipeg.

Avi Lewis prend les rênes du parti alors qu’il est au plus bas de son histoire. Avec seulement six sièges à la Chambre des communes après les élections fédérales de 2025, le NPD vient d’enregistrer le pire résultat électoral de son histoire. La politique n’a rien d’inconnu pour Lewis.

Petit-fils de l’ancien chef du NPD David Lewis et fils de l’ancien chef du NPD de l’Ontario Stephen Lewis, il est la troisième génération de sa famille à diriger un grand parti politique canadien.

La position d'Avi Lewis sur la question du logement

Lewis n’a pas remporté la victoire sur un seul thème. Il s’est présenté avec un programme ambitieux en sept points portant sur le renouveau du parti, l’équité fiscale, l’ère numérique, le logement abordable, les soins de santé, les options publiques pour lutter contre la flambée des prix et un « Green New Deal », et l’a clairement qualifié pour ce qu’il était : un mouvement anticapitaliste.

Son argument était simple et percutant : l’économie canadienne est truquée en faveur des riches, et seule une intervention publique audacieuse peut y remédier. Parmi ses sept piliers, le logement abordable s’est imposé comme l’un des engagements les plus détaillés et les plus combatifs de toute sa campagne.

Un plafonnement national des loyers pour renforcer la protection des locataires

Lewis souhaite plafonner les hausses de loyer au taux d’inflation, province par province, et étendre ce plafond aux logements vacants. Ce dernier point est important : aujourd’hui, dans de nombreuses provinces, les propriétaires peuvent réajuster les loyers au prix du marché dès qu’un locataire quitte les lieux. 

Selon sa proposition, cette pratique prendrait fin. 

Il souhaite également faire de la réforme du zonage en faveur de la densification une condition pour bénéficier des fonds fédéraux destinés au logement, afin de traiter le volet de l’offre parallèlement aux mesures de contrôle des prix.

Serrer la vis aux fiducies de placement immobilier

Une attaque directe aux fiducies de placement immobilier (FPI), qui sont devenues des acteurs majeurs du marché locatif canadien.

Le programme de Lewis prévoit de mettre fin à leurs avantages fiscaux, de leur interdire d’acheter des logements abordables et de leur retirer l’accès aux prêts garantis par la SCHL, à moins qu’elles ne financent des logements hors marché.

La logique est simple : les FPI ne sont pas des bailleurs, ce sont des instruments financiers, et leur présence sur le marché locatif fait grimper les coûts pour tous les autres acteurs.

Logements abordables: Construite un million de logements hors-marché d'ici 5 ans

Le Canada a largement abandonné le secteur du logement social au début des années 1990.

Lewis souhaite inverser la tendance observée depuis trois décennies, marquée par le désengagement du gouvernement fédéral, en créant un organisme public chargé de construire un million de logements sociaux, coopératifs, à but non lucratif et accompagnés d’un accompagnement social dans un délai de cinq ans.

Cet organisme s’appuierait sur des terrains fédéraux, des techniques de construction modulaire et préfabriquée, ainsi que sur des conceptions écoénergétiques afin de réduire les coûts et d’accélérer la livraison à une échelle que le secteur privé n’a jamais réussi à égaler.

Mettre une fin aux rénovictions

Les « rénovictions », soit le recours à des rénovations comme prétexte pour expulser des locataires afin de réajuster les loyers au prix du marché, sont devenues l’une des failles les plus exploitées du droit des locataires au Canada.

Dans le cadre de son plan, M. Lewis prévoit conditionner le financement fédéral du logement à l’adoption, par les provinces, de normes nationales interdisant explicitement cette pratique.

Il propose en outre des normes nationales en matière de santé, de sécurité et d’entretien, assorties d’une responsabilité claire des propriétaires, ainsi qu’un fonds fédéral destiné à soutenir l’organisation des locataires.

La fin des subventions fédérales accordées aux propriétaires immobiliers et aux investisseurs privés

Les fonds fédéraux destinés au logement sont depuis longtemps versés à des acteurs privés sans grande contrepartie. 

Lewis souhaite changer radicalement cette situation, en augmentant le taux d’imposition des plus-values sur les immeubles de placement résidentiels, en supprimant l’accès aux prêts de la SCHL pour les FPI qui investissent dans le logement du marché libre, et en subordonnant toutes les aides fédérales au logement à des engagements permanents en matière d’accessibilité financière pouvant aller jusqu’à 99 ans. 

Le principe est simple : les fonds publics ne devraient jamais servir à subventionner les profits privés dans le secteur du logement.

Questions populaires sur le nouveau leader du NPD au Canada et sa politique de logement

C’est l’une des propositions phares du programme d’Avi Lewis. Il souhaite interdire aux fiducies de placement immobilier (FPI) d’acquérir des logements abordables et leur retirer l’accès aux prêts assurés par la SCHL, à moins qu’elles ne financent du logement hors-marché. Ils limiter ces programmes et avantages aux particuliers.

Une rénoviction survient lorsqu’un propriétaire expulse ses locataires sous prétexte de rénovations pour ensuite remettre le loyer au prix du marché.

Avi Lewis propose de rendre le financement fédéral en logement conditionnel à l’adoption par toutes les provinces de normes nationales interdisant explicitement cette pratique. Ainsi il forcerait la main aux provinces d’appliquer des règles strictes concernant les rénovictions si elles souhaitent accéder à du financement fédéral pour le logement.

Le programme de Lewis est basé sur la construction d’un million de logements sociaux, coopératifs, à but non lucratif et avec services de soutien en cinq ans, via un constructeur public financé par le fédéral. Le constructeur serait créé ou choisit par le gouvernement.

Ses propositions sont parmi les plus agressives qu’on a vu depuis longtemps. Elles incluent une hausse du taux d’inclusion des gains en capital sur les propriétés détenues à titre d’investissement, le retrait de l’accès aux prêts de la SCHL pour les FPI sur le marché locatif, et le conditionnement des subventions fédérales à des engagements d’abordabilité à long terme. Tous des incitatifs qui indirectement, participent à l’économie canadienne.

Le parti du NPD détient seulement six sièges aux Communes et n’a pas le statut de parti officiel en tête du gouvernement. Ces propositions restent un programme politique, pas une législation imminente. Mais en immobilier, les signaux politiques influencent les marchés bien avant l’adoption des lois, c’est donc quelque chose à suivre de très près.

Perspective d'une expert immobilier sur le programme de Lewis en matière de logement

Le marché immobilier canadien n’a pas vu de programme fédéral aussi ambitieux depuis longtemps.

Un plafonnement des loyers pour les logements vacants pourrait supprimer la principale incitation financière à la rotation des locataires dans les grandes villes comme Montréal. Les restrictions imposées aux FPI (fonds de placement immobilier) éloigneraient les capitaux institutionnels du logement abordable et ouvriraient la voie à des acteurs de plus petite taille, aux coopératives et aux organismes à but non lucratif.

Un million de logements sociaux à grande échelle constituerait la plus importante injection d’offre que ce pays ait connue depuis l’après-guerre — est-ce trop beau pour être vrai ?

Note de Rola Hamdan: Lewis dirige peut-être aujourd’hui un parti qui ne compte que six sièges, mais dans l’immobilier, les signaux politiques influencent les marchés bien avant que la législation n’entre en vigueur. Ce programme mérite d’être suivi de près.

La politique fédérale en matière de logement évolue rarement aussi rapidement ou avec autant d’audace. Chez Hamdan Immobilier, nous suivons de près chaque évolution qui façonne le marché immobilier de Montréal et du Québec. Obtenez des conseils clairs et avisés pour votre prochain projet immobilier, contactez Rola.

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